samedi 16 mai 2020

VACCIN... LES VACCINS




(Édition 17.05.20)

ACTUALITÉ

Le candidat vaccin Ad5-nCoV, basé sur une technologie canadienne, a été développé par l’entreprise chinoise CanSino Biologics en collaboration avec l’armée chinoise. Il fait partie de la demi-douzaine de vaccins potentiels contre la COVID-19 qui ont déjà commencé à être testés sur les humains. En Chine, une étude de phase I a déjà évalué sa sécurité et une étude de phase II visant à vérifier son efficacité est déjà en cours.

Encouragé par les résultats préliminaires en provenance de la Chine, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC), un organisme fédéral, a signé une entente avec CanSino Biologics pour que le candidat vaccin puisse être fabriqué et testé ici. « Parmi la centaine de vaccins et même plus qui sont développés à travers le monde contre la COVID-19, il s’agit du candidat le plus avancé », affirme à La Presse Lakshmi Krishnan, directrice générale du Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine au CNRC.

HISTORIQUE 1: La variole et la vaccine (1796)

Au XVIIIe siècle, la variole, avec ses pustules hautement contagieuses, fait des ravages parmi les jeunes enfants, dans la campagne britannique comme ailleurs en Europe. En Angleterre, on remarque que les fermiers ayant contracté la vaccine, une forme de variole affectant les vaches mais bénigne pour l'Homme, sont protégés de la variole.

En 1796, le médecin Edward Jenner a l'idée d'inoculer chez un enfant du pus prélevé sur une fermière infectée par la vaccine. L'enfant résiste à la variole. Le Britannique devient le premier à expérimenter scientifiquement la « vaccination ».

Mais le procédé existait déjà, au moins depuis le début du XVIIIe siècle, sous une forme empirique et aléatoire : la « variolisation ». La technique, qui consistait à mettre une personne en contact avec les pustules d'un malade peu atteint suscitait craintes, débats et polémiques médicales.

HISTORIQUE 2: 18ème siècle : Jenner et la variole des vaches
A la fin du 18ème siècle, un médecin de campagne anglais, Edward Jenner, fait une découverte importante : une maladie bénigne des vaches, la « vaccine », ressemble à la variole. Les fermières, en contact régulier avec le virus de la vaccine en raison de leur métier, ne contractent pas la variole lors des épidémies. Jenner contamine une personne avec la vaccine via de petites incisions dans la peau. Puis s’efforce d’infecter son « cobaye » avec la variole, sans succès : celui-ci ne développe pas la maladie.

Le nom de « vaccination » est donné à cette opération. Elle connaît un succès retentissant en Europe et donne lieu à l’organisation de grandes campagnes de vaccination antivariolique.

HISTORIQUE 3 : 19ème siècle : Pasteur crée le premier vaccin atténué

Joseph Meister, le premier Homme vacciné contre la rage
Depuis 1880, Louis Pasteur travaillait sur le virus de la rage. Avec ses collaborateurs, il a montré par exemple que ce pathogène ne siège pas uniquement dans la salive comme on le pensait jusque-là, mais surtout dans le système nerveux central. D'autre part, par des passages successifs dans des animaux, il met en évidence que le pathogène perd de sa virulence. Il émet l'hypothèse que les injections successives de souches de plus en plus agressives permettrait au corps de se protéger.

Durant les mois de mai et juin 1885, on lui amène deux patients malades de la rage, chez qui les symptômes étaient déjà déclarés. Louis Pasteur tente donc de leur injecter le vaccin. Sans succès, les deux personnes mourant de la maladie les jours suivants. Le 6 juillet de cette même année, il reçoit un berger alsacien de neuf ans, Joseph Meister, mordu par un chien supposé enragé deux jours plus tôt. À son arrivée, l'enfant ne présente aucun symptôme. Louis Pasteur hésite à le traiter, mais finit par lui inoculer son vaccin. L'enfant reçoit en tout 13 piqûres de virus atténué, contenant chaque fois une souche de plus en plus virulente, en l'espace de dix jours. Il ne développe pas la maladie.

Succès de la vaccination ? Les doutes persistent encore, car on ignore si effectivement l'enfant était réellement contaminé par le virus de la rage. Il semble cependant que les souches injectées n'aient pas causé la maladie chez lui. Pour en avoir le cœur net, Louis Pasteur prend le risque de lui inoculer une forme particulièrement agressive du pathogène. Mais Joseph Meister continue de bien se porter. Il était effectivement vacciné.

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